Cette réflexion s'inscrit dans une vision territoriale plus large répondant aux mutations nécessaires de la métropole, ce projet constituant une application ciblée au complexe de logements sociaux du quartier Sergent Merx, situé dans la commune de Rocourt, à Liège.
Le site existant, regroupant plus d'une centaine de logements, souffre de carences importantes comme c'est le cas pour les complexes sociaux construits dans les années 1960 et 1970 : sous-exploitation, absence d'équipements urbains, manque d'espaces extérieurs et configuration spatiale inadaptée. Le projet s'articule autour de trois axes d'intervention.
Le premier axe se focalise sur la requalification des logements existants en tant que position critique, refusant l'approche de la table rase au profit d'une lecture lucide de ses faiblesses matérielles et spatiales. Plutôt que de démolir pour recommencer à neuf, l'objectif est de révéler et d'amplifier le potentiel du bâti existant par le biais d'une intervention systémique et modulaire qui corrige ses lacunes structurelles, énergétiques et fonctionnelles tout en préservant sa typologie actuelle et son système constructif.
Le deuxième axe vise à établir une nouvelle centralité. Rompant avec le modèle de la cité-dortoir, le projet met en œuvre un programme d'équipements collectifs articulé autour d'un forum et d'une esplanade reliés à la chaussée de Tongres, qui agit comme la colonne vertébrale du plan directeur et devient ainsi un nouveau cœur social pour les résidents.
Enfin, le troisième axe se concentre sur l'aménagement urbain et paysager. Il crée des distances d'intimité appropriées pour les logements de rez-de-chaussée, intègre des jardins privatifs et collectifs, et introduit une végétalisation extensive sur l'ensemble du site, le connectant au réseau vert de la métropole.
Ce projet démontre qu'un grand ensemble de logements sociaux peut être régénéré par une requalification structurelle et programmatique, combinant densification mesurée, transition énergétique et création d'espaces publics fédérateurs.
Type: Projet académique Master 2 Q2
Titulaires d'atelier: Fabienne Courtejoie, Bernard Deffet, Jean-Christophe Culot, Morgan Delvaux
Année: 2026
La cité merx
08
Intervenir sans transformer,
transformer sans démolir.


Diagnostic de l’existant
Le site, qui regroupe aujourd’hui plus de cent logements, souffre d’une sous-exploitation manifeste et de multiples lacunes : une absence d’aménagements urbains, des chambres donnant directement sur la rue, une multiplication excessive des cages d’escalier extérieures, ainsi qu’un manque total d’espaces extérieurs (jardins & terrasses) permettant l’appropriation par ses résidents.





Photographies du site, Rocourt Liège
Enjeux & Programmation
L’enjeu du programme repose sur trois axes d’intervention majeurs. Le premier consiste à revaloriser le logement social en lui apportant une certaine qualité tout en préservant le bâti existant, optimiser les circulations, ajout de coursives terrasses et d’un niveau de logement supplémentaire. Le deuxième vise à instaurer une nouvelle centralité via une fonction partagée, articulée autour d’un forum et d’une esplanade connectée à la chaussée de Tongres.
Enfin, le projet prévoit un aménagement urbain structurant, destiné à créer une distance de confort pour les logements du rez-de-chaussée, à intégrer des jardins privatifs et collectifs, et à végétaliser l’ensemble du site par des dispositifs simples mais efficaces.












L'un des aspects majeurs de l'intervention sur le projet consiste à repenser complètement les scénarios d'accès, de l'espace public jusqu'à l'appropriation des seuils d'entrée de chaque appartement. Cela est réalisé par le biais de retraits, de jardins, de passerelles d'accès et de renfoncements dans le bâtiment, offrant aux résidents la liberté de s'approprier l'espace de manière informelle. De plus, la rationalisation des circulations verticales clarifie et fluidifie l'accès en concentrant les flux en un point unique, libérant ainsi des espaces plus calmes et plus intimes.






Intervenir sur l’existant
L’aspect majeur du projet réside dans une intervention systémique sur les bâtiments existants, plutôt que par des actions ponctuelles. Dans un premier temps, les nombreuses cages d'escalier individuelles sont supprimées au profit de coursives arrière et de deux noyaux de circulation verticaux. Ensuite, après l'isolation des façades, des coursives avant sont installées pour servir de balcons-terrasses aux appartements. De larges baies vitrées permettent alors de prolonger les séjours vers l’extérieur. Il est également prévu, sur certains bâtiments, d'ajouter un niveau de logements afin de densifier l’existant sans augmenter l'imperméabilisation des sols. Enfin, des dispositifs techniques sont intégrés pour améliorer l’efficience énergétique et le confort du bâti.



Existant et Démolition
Intervention
État projeté
La conception du système de coursives-terrasses a été pensée pour offrir une autonomie vis-à-vis de la structure existante. Cette approche vise à maximiser la modularité du dispositif, permettant ainsi de décliner ce principe constructif et fonctionnel sur des bâtiments différents ou même d'autres sites.





















